François Fillon Cisèle Ses Propositions Économiques Et Recadre Sa Campagne
Journaliste / Chef de rubrique Politique-Economie-Finances

François Fillon l'a martelé : "mon programme est et restera celui de la primaire". Vraiment ? | © Getty Images

Empêtré dans l’affaire des emplois présumés fictifs de son épouse et de ses enfants, l’ancien premier ministre tente de reprendre la main sur sa campagne en précisant et améliorant « certains volets » de ses propositions économiques.

En attendant mercredi et sa convocation devant trois juges d’instruction dans le cadre des soupçons d’emplois fictifs pesant, notamment, sur son épouse Penelope et ses enfants – convocation qui pourrait aboutir à sa mise en examen -, François Fillon tente, tant bien que mal, de redonner un cap à une campagne qui patine en dévoilant, dans les colonnes des Echos, certaines de ses propositions  en matière économique remodelées. Une véritable « opposition de style » avec son rival Emmanuel Macron « qui ne propose aucune réforme structurelle », dixit François Fillon qui  affirme être le seul candidat à « proposer un véritable choc de compétitivité », au contraire de « l’hologramme de François Hollande ». Et de rassurer les soutiens de la première heure. « Mon programme est et restera celui de la primaire ».

TVA

Pourtant, à la lumière de la lecture de ses propositions « new look », force est de constater un « premier renoncement » par rapport au projet qui lui a permis de remporter sans coup férir la primaire de la droite et du centre : la hausse du taux intermédiaire de la TVA, ardemment défendu lors de ce scrutin n’est plus. Ainsi, le taux intermédiaire de 10%, qui concerne par exemple le bâtiment et la restauration, ne bougera pas d’un iota, tout comme les taux réduit et super-réduit. Et de justifier ce revirement. « Nous avons considéré que le taux intermédiaire était plutôt supérieur à la moyenne européenne, à l’inverse du taux normal de 20%, et qu’une hausse pouvait avoir des incidences négatives sur les services. Le gain budgétaire, relativement faible, ne justifie pas un tel risque. »

Pouvoir d’achat

Comme évoqué en préambule, François Fillon prône un « véritable choc de compétitivité immédiat » afin de faire redémarrer l’économie et soutenir le pouvoir d’achat. Pour ce faire, l’ancien locataire de Matignon plaide pour une baisse forfaitaire des charges pour les bas salaires. « Il s’agira d’un forfait de 350 euros par salarié par an, 700 euros pour un couple, soit un effort substantiel de 7,7 milliards d’euros ». Là aussi, le candidat Les Républicains prend « quelques libertés » avec le projet défendu lors de la primaire, dans la mesure où « cet effort substantiel » est supérieur d’environ 2 milliards d’euros à la somme initialement dévoilée.


Fiscalité

« Si vous m’élisez, la France sera engagée très rapidement sur la voie du redressement » a martelé François Fillon. Ainsi, le candidat a promis de concentrer les baisses d’impôts en 2018. « Le plafond du quotient familial sera relevé et l’ISF supprimé dès l’année prochaine, de même que sera rétablie immédiatement l’universalité des allocations familiales ». La  création d’un prélèvement fiscal libératoire, de 30% sur les revenus du capital sera, également, effectif dès l’année prochaine.  

35 heures
 
En la matière, « rien de neuf », François Fillon restant fidèle à la ligne tracée durant la primaire, à savoir un « enterrement en première classe » de ladite mesure. Le candidat qui prône « le courage de la vérité « , souhaite ainsi supprimer la contrainte des 35 heures et laisser toute latitude aux chefs d’entreprise et aux salariés pour négocier la durée hebdomadaire du travail, le tout dans la limite des 48 heures reconnue par le droit européen. L’ancien premier ministre souhaite, d’ailleurs, dès son accession à l’Elysée et une fois sa majorité en place, faire voter la suppression des 35 heures mais également la refonte du code du travail, le plafonnement des indemnités de licenciement aux prud’hommes et le passage de l’âge de la retraite à 65 ans. Le tout dans les trois mois suivant son élection. « Ce paquet social sera passé durant l’été », affirme-t-il.

Gouvernement

S’il se refuse à égrener des noms concernant la composition de son prochain gouvernement, l’ancien premier ministre en esquisse les contours théoriques, avec là aussi, une réduction de son train de vie. Ainsi, François Fillon souhaite un gouvernement de 15 ministres – la fameuse antienne du gouvernement resserré, toujours promise jamais mise en place – avec un « nombre limité de secrétaires d’Etat à leur disposition et des cabinets extrêmement réduits« . En outre, un code de conduite « impliquant des règles strictes de solidarité gouvernementale, de prévention des conflits d’intérêt et d’utilisation des moyens publics », sera également instauré.