Le Plus Gros Diamant Brut Au Monde Cherche Désespérément Acquéreur

La maison Sotheby’s essaie de vendre un diamant unique retrouvé au Bostwana à l’automne 2015. Le montant de 70 millions de dollars, qui équivaut au prix de réserve minimum pour obtenir ce trésor, n’a toujours pas été atteint.

 

Un caillou qui reste coincé dans la chaussure londonienne. La maison Sotheby’s n’a pas trouvé d’acquéreur de sa dernière découverte, un diamant d’un poids de 1 106 carats baptisé « Lesedi La Rona », mis en vente le mercredi 28 juin 2016 lors d’une vente aux enchères à Londres. La plus forte proposition s’est élevée à 61 millions d’euros, soit deux millions de moins que le prix de réserve – 63 millions d’euros – fixé par la maison de vente aux enchères britannique.

La pierre précieuse fut extraite, en novembre 2015, de la mine de Karowe située au Bostwana et appartient à l’entreprise canadie nne Lucara Diamond, experte dans l’extraction minière. D’une circonfèrence égale à une balle de tennis, le « Lesedi La Rona » constitue la plus grosse pierre précieuse découverte depuis 1905. Le record appartenait depuis 110 ans au Cullinan, découverte cette année-là en Afrique du Sud.
La méthode adoptée par Sotheby’s pour la vente du diamant bostwanais laisse songeur. Le New York Times indique que la maison britannique a mis de côté le procédé habituel qui consiste à ouvrir la vente au gratin de l’industrie du diamant. Les meilleurs concessionnaires sont incités à déterminer la qualité du bloc de pierres précieuses, le découper pour soumettre une offre à la société minière à l’origine de la découverte.

Sotheby’s a pris le contre-pied avec une invitation lancée à des collectionneurs qui jouit d’un fort pouvoir d’achat. Ce public particulier effectue habituellement leur achat de manière anonyme.


Un mois de mai à 155 millions de dollars

Le record détenu depuis novembre 2015 par le « Blue Moon of Josephine », de 12,03 carats, un diamant bleu acheté 48,4 millions de dollars à Genève par Joseph Lau, un magnat de Hong Kong de l’immobilier… pour une fille de sept ans, est balayé d’un revers de main après un premier semestre 2016 de tous les records. De l’Asie au Vieux continent en passant par « La Constellation », les ventes de trois diamants – réalisées en totalité au mois de mai – ont atteint près de 155 millions de dollars au cours du premier semestre.

La maison Christie’s a enregistré, le 18 mai 2016, la vente du célèbre diamant bleu Oppenheimer, présenté une semaine plus tôt à Genève. La pierre de 14,26 carats, montée en bague, fut vendue après une vingtaine de minutes d’enchères à couteaux tirés entre deux collectionneurs. « C’est la pierre taillée et le bijou les plus chers du monde vendus aux enchères », a indiqué une porte-parole de Christie’s. L’acquéreur, qui a déboursé 57,54 millions de dollars pour une pierre issue de la catégorie « Fancy vivid Blue » – la couleur la plus rare pour les diamants bleus – a tenu à conserver l’anonymat.

L’ « Oppenheimer Blue » appartenait à la collection privée du célèbre diamantaire londonien Sir Philip Oppenheimer, qui exerçait un monopole sur le marché mondial du diamant avec la société familiale De Beers. La pierre fut extraite en Afrique du Sud en 1905, soit la même année que la découverte du plus gros diamant du monde, le Cullinan et six ans avant la naissance de Philip Oppenheimer, décédé en 1995. Après être passé entre les mains de plusieurs propriétaires après son décès en 1995, l’ «Oppenheimer Blue » était proposé pour la première fois à la vente dite publique le 18 mai dernier.

Les diamants colorés battent record sur record depuis le début de l’année. Selon Ehud Laniado, président de la société newyorkaise Cora International, le « Blue Moon of Josephine va « prendre de la valeur » et se revendra plus cher. « Quand vous achetez un Picasso vous le payez cher, mais vous savez que vous allez le revendre encore plus cher », soutient Ehud Laniado auprès de l’Agence France Presse.
Le nouveau record appartient depuis le 9 mai 2016 à « La Constellation », un diamant de 813 carats vendu de gré à gré par la compagnie minière canadienne Lucara Diamond contre 63 millions de dollars. Une fois encore, le nouveau propriétaire de la pierre bostawanienne n’a pas été divulgué, ni les conditions de vente appliquées par le diamantaire Nemesis International. L’anonymat, tel est le leitmotiv pour acquérir un diamant.