Revivez Les Meilleurs Moments De La Journée De La Femme Digitale
Journaliste, j'écris sur les droits des femmes et les questions de genre.


Ce jeudi 9 mars, le temps d’une journée, la Cité de la Mode et du Design s’est transformée en une joyeuse fourmilière mêlant entrepreneures innovantes et femmes actives enthousiastes. Lors de cette 5ème édition de la journée de la femme digitale placée sous le thème d’un monde meilleur, plusieurs moments ont marqué les participantes. Passage en revue de ces instants inspirants.

 

La présentation du film Woman

Après Human, Yann Arthus-Bertrand a un nouveau projet : partir à la rencontre des femmes à travers le monde. Accompagné de la réalisatrice Anastasia Mikova, le photographe humaniste est venu présenter une première bande-annonce de son film qui devrait voir le jour en 2019. « Nous allons tourner pendant deux ou trois ans, faire 3000 interviews dans le monde. Pour le moment, j’en ai fait peu mais nous avons  déjà beaucoup pleuré et j’ai déjà changé d’avis sur ma mère, ma sœur… », explique-t-il devant un public tout ouïe. « Quand nous expliquions le projet Human, les femmes se mettaient en retrait. Mais en les interrogeant, nous avons constaté qu’elles ressentaient le besoin d’exprimer tout ce qu’elles avaient gardé pour elles. Alors quand nous nous sommes posés la question  »Qu’est-ce qu’on fait après ?  », c’est venu comme une évidence : nous devions nous consacrer à la parole des femmes », ajoute Anastasia Mikova. « Nous voulons essayer de comprendre ce que c’est d’être une femme dans le monde d’aujourd’hui et quelle place elles occuperont dans le monde de demain. Nous parlons des petits, des grands sujets, nous parlons des rêves, du rapport au corps, des sujets tabous. Dans un monde en crise, la parole des femmes pourrait faire partie d’une nouvelle voie. » Et puisque dans la salle, chaque participante a une histoire unique à partager, Yann Arthus-Bertrand lance un appel : « C’est un projet qui nous dépasse, on a besoin de vous ! » Et à en croire les applaudissements enthousiastes qui résonnent, beaucoup se voient déjà témoigner sur grand écran.


 

Les pitchs des étudiants du Lycée Maria Deraismes

Ce jeudi matin, quand Claude Terosier, fondatrice de la start-up Magic Makers monte sur scène, le public écoute sagement. Quand la jeune femme évoque 100 000 entrepreneurs, association qui transmet l’envie d’entreprendre aux jeunes, l’attention grandit. Elle invite cinq étudiants du lycée Maria Deraismes à la rejoindre. Pour prendre la parole, chacun a choisi un mot. Un mot qui le définit et qui illustre ses ambitions. « Idée ! », lance un jeune homme qui voudrait créer un centre pour accueillir des orphelins. « Aider », déclare Alexia, qui souhaite devenir D.R.H. à la fin de ses études. « Courage, déterminée », ajoutent deux jeunes filles ambitieuses. Pour conclure, la dernière étudiante prend le micro et déroule son pitch, placé sous le thème du rêve. « J’ai un rêve, un but, devenir DJ », explique-t-elle avec timidité. Quand elle raconte avoir partagé ses titres sur la plateforme SoundCloud et lâche le score de « plus de deux millions d’écoutes », elle récolte une standing ovation. « C’était très touchant », observe Marie-Rose, venue assister à la conférence. « À travers les mots qu’ils ont choisis et qu’ils ont parfaitement définis, on voit qu’ils sont décidés à atteindre leurs objectifs. »

 

 

 

La bataille de Charlotte Husson

Pour présenter sa start-up The Fighting Kit, Charlotte est venue accompagnée de la boxeuse et entrepreneure Sarah Ourahmoune. Comme elle, Charlotte est une battante. A 30 ans, la jeune femme a survécu à un cancer et est en rémission depuis trois ans. De cette épreuve, elle a fait une force, puisqu’elle a fondé The Fighting Kit, une entreprise qui propose d’accompagner les combattants du cancer avec douceur et dignité. Son histoire est émouvante, mais c’est surtout par son sens de la formule qu’elle touche son auditoire. « J’ai des mantras, comme « Never give up » et « Together stronger » », assure-t-elle, avant de faire sourire son public en lançant avec malice : « Je suis moins connue que Kim Kardashian, mais je raconte autre chose. » A Sarah Ourahmoune qui lui demande comment elle a trouvé la force de combattre la maladie, elle répond avec aplomb : « On a pas le choix parce qu’on a envie d’être en vie. Mais ensuite, on passe par une phase de catalepsie, bien connue du sportif : quand on a fini le combat, on s’effondre un peu. » Grâce à l’entrepreneuriat et à la communauté qu’elle a réuni sur les réseaux sociaux, Charlotte s’est vite relevée. « Quand tu reçois un message de remerciement d’une personne qui se bat contre le cancer, ça donne du sens et tu te dis que ton engagement est sincère et utile. Ca te porte », conclut-elle.

 

Plutôt photo ou tampon ?

Pendant que les conférences se succèdent, les différents ateliers proposés aux participantes font le plein. Si les corners proposant de faire une photo pro pour mettre à jour son CV ou son profil LinkedIn connaissent une certaine affluence, un petit attroupement se forme à proximité d’imprimantes atypiques. Magency digital, une start-up qui favorise l’interaction en entreprise, propose de réaliser un tampon encreur à son effigie. Pour obtenir le petit objet, il suffit de se faire prendre en photo, le tampon est ensuite réalisé grâce à une imprimante 3D. Le gadget fait fureur. Dépassés par leur succès, les responsables du corner expliquent à des participantes qu’il est déjà trop tard pour obtenir leur petit tampon. Après avoir patienté une vingtaine de minutes, Florence, entrepreneure dans le e-commerce, tient le petit objet dans ses mains. « C’est différenciant. Cela permet aux gens de vous voir et d’en connaître un peu plus sur vous », sourit-elle. Colette, 36 ans, est aussi plutôt satisfaite : « Mettre une photo de soi sur sa carte de visite est un peu narcissique, alors que le tampon, c’est un peu comme une ombre, c’est sympa. »

 

Quand Marie Schneegans emporte la salle avec elle

La plupart des participantes à la journée de la femme digitale connaissent déjà l’histoire de Marie Schneegans, cette ex-étudiante en finance qui a créé la start-up à succès Never Eat Alone, permettant de connecter les salariés pour qu’ils déjeunent ensemble. Mais quand la jeune fille de 23 ans prend le micro pour raconter comment elle a convaincu les entreprises du CAC 40 d’adhérer à son projet, le public est conquis. Avec sa tchatche énergique et son sourire communicatif, elle revient sur son parcours. « J’ai imprimé la liste de toutes les entreprises du CAC 40, je l’ai mise près de mon lit et tous les matins, je la lisais. Et quand tu vois cette liste chaque matin, ça te reste dans la tête, et ces entreprises, tu ne les lâches pas ! », assure-t-elle. Quand on lui demande le conseil qu’elle donnerait à celles qui souffrent du syndrome de l’imposteur, la cheffe d’entreprise, aujourd’hui à la tête d’une équipe de 16 personnes, réplique en riant : « Passez une journée avec moi ! » Et d’ajouter : « Il ne faut jamais abandonner et garder sa vision. » Dans le public, Emilie, avocate de 37 ans, est conquise. « J’ai découvert sa spontanéité, et ce côté fonceur et frondeur qui manque souvent aux entrepreneures. J’admire sa détermination, le fait qu’elle aille frapper à toutes les portes pour obtenir ce qu’elle veut. En l’écoutant, j’avais juste envie de faire comme elle. Elle dégage une vitalité incroyable, ça donne une énergie de dingue ! » Tina, 22 ans, a attendu la fin de la présentation de Marie pour aller lui parler. « Je suis étudiante à Dauphine et je la croisais souvent dans les couloirs quand elle étudiait là-bas. Elle a embarqué toute la salle et c’est exactement comme ça qu’elle embarque les investisseurs », s’enthousiasme la jeune femme qui espère bien marcher dans ses pas.

 

 

 

Des instants zen et relaxation

Être une femme digitale, c’est aussi être une femme pressée. Pour permettre aux participantes de souffler, plusieurs corners se sont installés à la Cité de la mode pour proposer leurs solutions bien-être. Entre deux conférences, certaines s’initient au yoga, grâce à la start-up OlyBe qui met en relations profs de yoga et élèves pour des cours à domicile. A quelques mètres, des courtes séances de relaxation sont organisées. Malgré le brouhaha ambiant, la concentration est maximale. « Ca m’a semblé extrêmement court alors que la méditation a duré neuf minutes ! Il y a du bruit, mais on a vraiment l’impression de s’évader », sourit Sophie, manager chez Orange. Cécile, 45 ans, a préféré tester la formule de Bol d’air, une start-up qui propose de respirer quelques minutes un mélange d’huiles essentielles pour retrouver de l’énergie. « Respirer ce mélange pendant une minute entraîne les mêmes bienfaits qu’une balade en forêt de trois ou quatre heures », vante un membre de l’équipe. « Moi j’adore, c’est le bonheur », déclare Cécile. « Ca fait très pur, ça me rappelle la Sologne. On croit volontiers à sa promesse d’air pur. Est-ce que ça énergise pendant quatre heures ? On verra bien ! »


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