Le Droit Des Femmes Au Travail : Une Histoire Mouvementée
Chef de rubrique Management et Femmes @ Forbes


En ce 8 mars 2017, Journée internationale des droits des femmes, Forbes revient sur l’histoire des droits des femmes au travail.

 

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le travail des femmes n’est pas récent, elles ont toujours travaillé. C’est plutôt leurs droits qui n’ont pas été linéaires, alternant entre périodes favorables et périodes de régression. Au XIIIème siècle, les femmes pouvaient exercer différents métiers (médecins, meunières…) mais elles seront progressivement exclues des métiers prestigieux et rémunérateurs. Alors que, durant la Renaissance, les hommes ont pris la direction des corporations féminines. Les inégalités salariales remontent déjà au XVe siècle, le salaire féminin représentait alors la moitié du salaire masculin. Le XVIIIe siècle préférait que les femmes travaillent à la maison, pour y rester. Une légende urbaine dit que cette journée pour les droits des femmes trouve son origine en 1857 alors que des ouvrières New-Yorkaises font grève pour obtenir l’égalité des salaires.

 


Des lois pour protéger

Alors que Jules Simon dénonçait les terribles conditions de travail des ouvrières dans L’Ouvrière, en 1874, une première loi, toujours en vigueur, naissait pour protéger les femmes au nom de leur spécificité biologique et de leur statut social dans les foyers : elles ne peuvent pas travailler dans les mines et les carrières. En 1892, une loi s’attaque aux nombres d’heures de travail, 11 heures maximum, ainsi que le travail de nuit. En 1900, Jeanne Chauvin devient la première femme avocate française alors que le barreau s’ouvre aux femmes. Quelques années plus tard, en 1907, une femme mariée qui travaille a enfin le droit de disposer de son salaire (mais pas ses autres biens) grâce à la loi du 13 juillet. Deux ans après, le congé maternité de 8 semaines, sans rémunération, voit le jour. En 1910, des institutrices commencent à être payées pendant cette période. Alors qu’elles n’obtiendront, que dix ans plus tard, le droit d’être payées autant que les instituteurs. Cette rémunération sera étendue à toutes les fonctionnaires en 1928 et à toutes les salariées en 1970.

 

L’effet des guerres

Les guerres ont eu un impact sur le travail des femmes. Alors qu’elles faisaient fonctionner le pays pendant la première guerre mondiale, elles ont été gentiment renvoyées à la maison pour le repeupler. C’est la même chose pour 39-45. En 1940, le régime de Vichy interdit l’emploi des femmes mariées dans l’administration, mesure abrogée deux ans après sous la pression de l’effort de guerre.

 

Enfin, l’égalité

En 1946, le principe d’égalité entre femmes et hommes dans tous les domaines est inscrit dans le préambule de la Constitution : « La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme ». Tandis que l’arrêté du 30 juillet supprime la notion de salaire féminin. Première femme nommée ministre, de la Santé publique et de la Population, Germaine Poinso-Chapuis est nommée dans le gouvernement de Robert Schuman en 1947. En 1965, les Françaises sont enfin autorisées à signer un contrat de travail sans l’autorisation de leur mari grâce à la loi du 13 juillet. C’était il y a tout juste 52 ans. Un an après, les femmes enceintes, ou en congé maternité, sont protégées du licenciement. En 1972, une loi proclame l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. On peut se poser des questions sur son application. L’égalité professionnelle (recrutement, rémunération, promotion ou formation) arrive seulement en 1983.

 

Les années 2000

Cette loi de 1983 est renforcée par la loi Génisson du 9 mai 2001 qui encourage la mise en œuvre de « mesures de rattrapage tendant à remédier aux inégalités constatées notamment en ce qui concerne les conditions d’accès à l’emploi, à la formation et et à la promotion professionnelle et pour ce qui est des conditions de travail et d’emploi et pour ce qui est des conditions de travail et d’emploi ». Un an après, la loi de modernisation sociale aborde, dans ses articles 168 à 180, la lutte contre le harcèlement moral au travail. 


A lire également :