Sébastien Henry : L’ex Businessman Philanthrope Qui Fait Méditer Les «Décideurs»

Ce businessman brillant et philanthrope, adepte de la méditation depuis plus de 15 ans, passionné par la dimension humaine du management, a revendu en 2011 sa boite de Hong-Kong et ses filiales asiatiques pour se consacrer à la méditation en entreprise : un pont entre Business et Sagesse pour les dirigeants du CAC 40. Et pas que !

 

« Je gagnais très bien ma vie et le succès était là. Mais quelque chose tournait à vide… Je perdais ces valeurs de partage et de solidarité qui m’avaient animé dans mes engagements en tant qu’étudiant. Et lors de mes méditations quotidiennes, j’ai réalisé que j’avais délaissé une valeur essentielle : ma contribution à la société. J’ai alors revendu ma boite à mon associé en 2011 et depuis, je retrouve ces valeurs dans les différentes actions que je mène », raconte d’une voix aussi posée qu’affirmée Sébastien, 44 ans et père de deux jeunes enfants.

Son background résume bien son fil rouge : « La dimension humaine du management » comme aime dire ce savoyard philanthrope pour qui l’engagement sociétal est au cœur de sa vie  professionnelle. En plus de l’Essec, il décroche une licence de philo et de psycho, puis aux Etats-Unis, un diplôme de triple coaching, celui de l’ORSC (Organization and Relationship System Coaching) et un de PNL. Un palmarès qui fait de lui autant un entrepreneur qu’un coach. Envoyé en Asie pour le groupe Lafuma, il prend en charge les ventes en Asie puis la direction de la filiale Chine. « Je n’adhérais pas à la façon dont l’entreprise et le personnel étaient managés. Après cette expérience, j’ai décidé de ne plus jamais être salarié ».

 


Un CA de 3 millions de Dollars

Rattrapé par sa fibre entrepreneuriale et son éthique, Sébastien quitte Lafuma et co-fonde à 32 ans à Hong Kong, Progress U : une entreprise de conseil en développement du leadership. « Avec mon associé, nous avions cette même envie de mettre plus de sens et d’humanité au sein de l’entreprise. Il y avait de tels besoins en management et leadership que nous avions beaucoup de clients dont la moitié du CAC 40». Le succès est là, avec création de filiales à Tokyo, Singapour, Shangaï… Sébastien accompagne des centaines de cadres dirigeants et réalise un CA annuel de 3 millions de dollars.

Mais l’argent est loin de faire son bonheur et ce savoyard, déjà adepte de la méditation, concède : « Je jouais à fond la logique du monde des affaires : toujours plus fort, plus vite et plus grand. Maintenant, je cherche à avoir l’impact positif le plus fort possible dans la société ».  Nul hasard donc à ce qu’il soit revenu à ses premières amours : l’engagement sociétal. Une fibre qu’il a toujours eue. Pendant ses études à l’Essec – où il n’adhérait pas à l’approche de management basée sur la seule performance – il trouvait du sens à sa vie en donnant des cours de soutien scolaire en prison et à de jeunes immigrés. Passionné d’alpinisme et d’escalade, il avait même dirigé une association visant l’intégration de jeunes en difficultés en leur donnant accès à la pratique et aux valeurs de l’alpinisme. Posant ensuite les fondations d’une nouvelle entreprise d’insertion, Le Jardin des Cimes (qui existe encore à ce jour), proposant des débouchés professionnels à ces jeunes.

 

Des sans-abris aux dirigeants du CAC 40

Sans-abris, jeunes délinquants, enfants, personnes en fin de vie… Sébastien va à la rencontre « en profondeur de personnes dont on n’entend jamais la voix ».  Pour lui, travailler exclusivement avec des dirigeants du CAC 40 sans voir le reste où les besoins sociétaux sont criants n’aurait pas de sens.

 

Chaque semaine, il consacre ainsi du temps pour un projet d’école sur le modèle des « Forest Schools », l’accompagnement des personnes en fin de vie, et le développement d’une association partageant la pratique de la méditation avec des personnes en situation vulnérable (prison, sans abri…)… Et des dirigeants du CAC 40.  Ce qui l’intéresse dans l’entreprise, « c’est son potentiel créatif pour inventer de nouvelles formes de business plus conscientes et au service du bien commun ». La mindfullness (méditation pleine conscience) qu’il pratique tous les matins « aussi naturellement qu’il prend sa douche » trouve de facto sa place dans ce qu’il propose depuis 2011 aux grands décideurs, aux Comex et Comdir des entreprises qu’il accompagne : un pont entre Sagesse et Business.

 

Moins de stress, plus de créativité

Ce qu’il constate avant tout, c’est la pression constante et la perte de sens du travail. « La priorité absolue donnée au profit, le temps passé devant les écrans, la pression pouvant mener au burn-out, traduisent la souffrance de nombreux salariés et dirigeants aussi». Une réalité qui ne peut être que néfaste pour les entreprises. Quand il a publié « Ces décideurs qui méditent et s’engagent. Un pont entre business et sagesse » (Ed. Dunod, 2014), Sébastien a rencontré une soixantaine de grands dirigeants particulièrement soumis à la pression et susceptibles de perdre de vue le sens de leur travail. « Peu à peu, la pratique de la méditation leur a énormément apporté. Ils ressentent moins de stress, ont une plus grande capacité à rester concentré, se disent plus bienveillants, plus créatifs, se retrouvent moins au cœur de conflits. Le climat de travail est beaucoup plus sain ».

Ainsi, Sébastien accompagne des dirigeants et managers qui veulent concilier « leur exigence de performance et leur recherche de sens et de sérénité ». Et propose des sessions « méditation et leadership », en individuel ou collectif au sein des grands noms de l’économie française. Comme en témoigne Bénédicte Lepère, DRH de l’activité benefits & rewards worldwide de Sodexo : « J’avais la conviction que la méditation en entreprise pouvait apporter quelque chose à nos collaborateurs. Sébastien Henry, qui a travaillé à comprendre notre entreprise, a construit un programme en utilisant des mots de notre quotidien. Il a ainsi rendu la pratique de la mindfulness lisibleSuite à cette session, nous avons constaté une amélioration positive de + 27 % sur le bien-être au travail et + 14 % sur la capacité à être dans le moment présent ».

 

« Le moment présent et la distanciation » : deux éléments clés de la méditation qui peuvent aider les patrons à prendre les bonnes décisions, sans foncer tête baissée ou avec le stress de la performance à tout prix. Doit-on rappeler que des grands noms de l’économie mondiale comme Steve Jobs,  Oprah Winfrey, Larry Brilliant ou Rupert Murdoch méditent et avouent que cette pratique a optimisé leurs performances à tous points de vue ? Que  Google a tout un programme d’apprentissage de la méditation et de l’intelligence émotionnelle à destination de ses employés ?

 

Des « monastères laïcs des temps modernes »

 Si Sébastien ne souhaite pas communiquer le nom des dirigeants et entreprises qu’il « coache », il affirme que « la demande est croissante ». Et face à ce besoin, ce spécialiste de l’accompagnement envisage de créer prochainement des « monastères laïcs des temps modernes »  proches des métropoles économiques du monde. « Ces lieux, qui se veulent des ponts entre une forme de sagesse et les affaires, ont vocation à inviter les décideurs à revenir à l’essentiel. Par des techniques simples mais éprouvées, ils pourront se reconnecter à eux-mêmes et à la nature, mettre le sens de leur action au coeur de leur réflexion, et redéfinir en conséquence leurs priorités afin de repartir dans l’action en lui donnant une portée et une qualité nouvelle ». 

Méditer pour mieux manager ? Une prise de conscience qui émerge puisque la mindfullness pourrait bientôt entrer au programme des écoles HEC et l’Insead…