Chine : Les Investissements Etrangers En Pleine Expansion
Journaliste / Chef de rubrique Politique-Economie-Finances

Dans le détail, les transactions impliquant des investisseurs étrangers ont presque doublé en janvier 2017, à 7,1 milliards d’euros, par rapport à l’année passée à pareille époque. | © Getty Images

Après deux ans à tutoyer les sommets, les acquisitions chinoises à l’étranger commencent à rentrer dans le rang, tandis qu’à l’inverse, les injections de capitaux dans l’économie chinoise en provenance de l’extérieur ont le vent en poupe.

La Chine, nouvel eldorado pour les investissements étrangers ? L’avenir s’annonce, en effet, plein de promesses sur le front des opérations de fusions-acquisitions impliquant des opérateurs extérieurs grâce à l’assouplissement des règles ouvrant les portes du marché colossal, doux euphémisme, que représente l’Empire du Milieu. Dans le détail, les transactions impliquant des investisseurs étrangers ont presque doublé en janvier 2017, à 7,1 milliards d’euros, par rapport à l’année passée à pareille époque. Les secteurs privilégiés par les étrangers sont l’immobilier et la finance, comme le souligne les données publiées par Thomson Reuters.

« La direction dans laquelle la Chine s’est engagée est que, pour la plupart des secteurs, à condition qu’ils ne figurent pas sur la liste dite négative où un examen plus poussé est requis, la procédure d’installation ou d’évolution y compris via des transferts d’actions devrait être plus simple », abonde Tracy Wut, associé M&A au sein du cabinet juridique Baker McKenzie à Hong Kong cité par Reuters.

La fin de « la fièvre acheteuse » ?


A l’inverse, comme évoqué en préambule, la « fuite » de capitaux chinois vers l’étranger a fondu comme neige au soleil, reculant de près de 40% en janvier dernier, par rapport à 2016, à 8,4 milliards. Près de la moitié de ces opérations concerne les secteurs de la distribution et de la consommation grand public. Un début d’année qui scelle la période de la « fièvre acheteuse » ? Symbole de cette « décadence », les investissements dans l’immobilier qui se sont effondrés de près de 85% pour le mois écoulé.

Une tendance à la contraction qui est, en tout cas, selon les analystes devrait se poursuivre. Malgré cela, rappelons qu’en 2016, « l’ogre chinois » avait tout raflé sur son passage le montant des acquisitions ayant culminé à plus de 200 milliards de dollars avec notamment le passage sous pavillon rouge et or du club de football de l’Inter Milan, vainqueur de la Ligue des Champions en 2010, avant celui à venir de son grand rival, le Milan AC.

Un fonds belge à la pointe

L’horizon est, en revanche, clairement dégagé pour les véhicules d’investissements désireux de tisser leur toile en Chine comme en atteste le positionnement du fonds belge Verlinvest (composé des familles fondatrices du brasseur Anheuser-Busch InBev). Ce dernier a, en effet, investi, l’an passé, 150 millions de dollars sur le territoire chinois après s’être associé au conglomérat local China Resources. Le modus operandi est d’une redoutable efficacité : Verlinvest prend des participations majoritaires ou minoritaires dans des marques occidentales. Objectif : les placer dans le circuit de distribution de China Ressources, comme l’explique à Reuters, Nicholas Cantor, responsable des activités en Asie.

Hormis les « secteurs sensibles » recensés au sein de ladite liste négative (pêche, agriculture notamment), les opérateurs extérieurs devraient donc profiter allègrement de la libéralisation de l’économie chinoise, Pékin ayant notamment annoncé au mois d’octobre la volonté d’étendre son nouveau programme, en la matière, à l’ensemble du territoire après le succès des expérimentations au sein de quelques zones franches. Toutefois la valorisation de certains actifs chinois devrait néanmoins ralentir cette « conquête de l’Est ».